Parfois, quelques secondes suffisent pour comprendre qu’une chanson ne passera pas inaperçue.
Depuis plusieurs semaines déjà, les extraits de Msalaba circulaient sur les réseaux sociaux. Une phrase ici, un refrain là, juste assez pour alimenter la curiosité et donner envie d’entendre la suite. Les commentaires s’accumulaient, les partages aussi. Le rendez-vous semblait déjà pris avant même la sortie officielle.
Chez OpenLens Media, nous devons l’admettre : nous avons manqué l’annonce de la date de sortie.
C’est donc près de quatre heures après sa publication que nous avons découvert le morceau sur YouTube, en même temps qu’une grande partie des internautes. Pourtant, malgré ce court délai, le titre avait déjà dépassé le millier de vues et continuait sa progression à un rythme impressionnant.
Une performance qui ne surprendra finalement pas ceux qui suivent de près la scène musicale locale.
Car derrière cette collaboration se cachent deux artistes qui ont déjà largement prouvé leur capacité à produire des morceaux marquants.
Pour beaucoup, la découverte de DJ Seven porte un nom : Maria Rosa.
Un morceau devenu rapidement incontournable, au point que plusieurs auditeurs ont fini par réaliser qu’ils connaissaient déjà certaines productions du DJ sans même savoir qu’elles portaient sa signature.
Et cette lumière, DJ Seven semble désormais prêt à l’assumer pleinement.
De son côté, The Mingongon appartient à cette génération d’artistes qui ont grandi avec l’ambition de montrer qu’il était possible de faire de la grande musique depuis Goma.
Pour notre part, nous l’avions découvert grâce à Ronaldo, sa collaboration avec BFM Monster, un morceau que nous avions eu l’occasion d’écouter avant sa sortie officielle et qui laissait déjà entrevoir un potentiel immense.
Puis sont arrivés Sublime, Dodo, Bibi, Génie et surtout Au clair de la lune aux côtés de Jaguaman.
Ce morceau a marqué un tournant.
Son succès a dépassé les attentes au point de donner naissance à un remix avec Innoss’B, offrant ainsi une visibilité supplémentaire à un artiste et, plus largement, à toute une scène musicale de l’Est de la RDC qui cherche depuis plusieurs années à imposer sa place dans le paysage national.
Et c’est peut-être là que réside le véritable intérêt de Msalaba.
La chanson n’est pas seulement une collaboration entre deux artistes talentueux.
Elle est aussi le reflet d’une industrie musicale locale qui gagne progressivement en maturité, en qualité de production et en ambition. Une scène qui ne veut plus simplement exister, mais qui veut désormais rivaliser.
Pendant longtemps, les talents de Goma ont dû se battre contre le manque d’infrastructures, le faible accès aux moyens de production, l’absence d’investissements et les difficultés de diffusion.
Pourtant, malgré ces obstacles, les artistes continuent de créer.
Ils expérimentent.
Ils progressent.
Ils apprennent.
Et surtout, ils refusent d’abandonner.
Lorsqu’on regarde le chemin parcouru ces dernières années, il devient difficile de ne pas être optimiste.
La musique produite à Goma n’est plus seulement une curiosité locale.
Elle devient progressivement une identité, un mouvement et, pour certains, une véritable industrie en construction.
Le chemin reste long.
Les défis restent nombreux.
Mais une chose paraît de plus en plus évidente à chaque nouvelle sortie :
les artistes de chez nous ne demandent plus la permission pour rêver grand.
Ils le font déjà.
Et si l’on en croit l’accueil réservé à Msalaba, le public semble prêt à les accompagner dans cette aventure.


