Jeunesse

Un an après sa béatification, le sacrifice de Floribert Bwana Chui résonne comme un défi pour la jeunesse

Il avait 26 ans, un avenir prometteur et une occasion de devenir riche du jour au lendemain. Mais face à la corruption, Floribert Bwana Chui a choisi l'intégrité plutôt que l'argent, la vie de ses concitoyens plutôt que sa propre sécurité. Dix-neuf ans après son assassinat et un an après sa béatification, son sacrifice continue d'interroger toute une génération : jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour défendre nos convictions et le bien commun ?

Par BAHATI Yves Pascal3 min de lecture

Un an après sa béatification, le sacrifice de Floribert Bwana Chui résonne comme un défi pour la jeunesse

Un an s’est écoulé depuis la béatification à Rome, par le pape Léon XIV, de Floribert Bwana Chui, ce jeune contrôleur des douanes de Goma élevé au rang de martyr de l’honnêteté et de l’intégrité morale. Ce mercredi, l’esplanade du sanctuaire d’adoration de Goma a fait le plein pour commémorer ce premier anniversaire. Célébrée par l’évêque de Goma, devant les autorités locales et des milliers de fidèles, cette messe mémorielle a mis en lumière un héritage qui dépasse largement les frontières de l’Église.


Pour les pasteurs de la province ecclésiastique de Bukavu, le martyre de ce jeune homme est un véritable « cadeau venu du ciel » pour les fidèles de Goma, pour toute la République Démocratique du Congo et pour le continent africain.


Le choix ultime : la patrie et la foi avant l'or

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Né à Goma le 13 juin 1981, Floribert Bwana Chui Bin Kositi a vu sa trajectoire terrestre s'arrêter brutalement à l’âge de 26 ans, pour avoir osé dire non. Jeune commissaire au sein de l’Office Congolais de Contrôle (OCC), il avait la lourde responsabilité d’évaluer la conformité des marchandises à la frontière Est de la RDC.


C’est dans l'exercice de ses fonctions qu'il est confronté à un dilemme moral crucial : autoriser ou interdire l’entrée sur le sol congolais de denrées alimentaires avariées en provenance du Rwanda voisin. Devant une offre de corruption qui l’aurait immensément enrichi, Floribert a dû choisir entre sa sécurité personnelle et la santé de son peuple. Pour lui, trahir ses convictions chrétiennes et mettre en danger la vie de ses concitoyens n’était pas négociable.


Le 7 juillet 2007, le jeune contrôleur est enlevé. Son corps sans vie sera retrouvé deux jours plus tard, abandonné aux environs de l’Université Libre des Pays des Grands Lacs (ULPGL-Goma). Comme le rappellent de poignants témoignages :  « Bwana Chui a préféré mourir en refusant de faire passer de la nourriture qui aurait pu empoisonner un grand nombre de personnes. »

Un modèle d'héroïsme au quotidien


Si pour les uns, cet acte est un immense élan de bravoure, il s'agit avant tout d'un martyre de la vérité au quotidien. Floribert s'est tracé un chemin de sainteté là où on l'attendait le moins : dans la rigueur de son métier, à l’endroit exact où sa foi et son patriotisme ont croisé l’épreuve ultime.

 

Son sacrifice brise le mythe de la fatalité. Il lance un message puissant à la conscience de la jeunesse congolaise : oui, il est possible de garder les mains propres et le cœur pur, même au milieu des tentations et des sollicitations agressives du monde contemporain.


Ne pas seulement admirer, mais agir


À l’occasion de cet anniversaire, les évêques de la province ecclésiastique de Bukavu ont exhorté les chrétiens et les citoyens à ne pas se contenter d'admirer ce héros de loin, comme une figure inaccessible, mais à tout mettre en œuvre pour que le désir d’un Congo nouveau devienne enfin une réalité tangible. Le sacrifice de Floribert Bwana Chui nous place désormais face à nos propres responsabilités. À notre tour, sommes-nous prêts à dire non à la facilité ? Sommes-nous prêts à défendre le bien commun au péril de nos intérêts personnels ? La question reste ouverte, mais le défi, lui, est lancé.

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